Chèr.es collègues d’Allemagne,
Nous espérons que vous avez passé d’excellentes vacances, à la fois épanouissantes et rassérénantes, même si elles sont déjà loin pour certain.es d’entre nous.
En Allemagne, cette année scolaire débute par un renouvellement du bureau de notre belle Section pays qui s’illustre, depuis toujours, grâce à vous, par son dynamisme. Après de longues années d’engagement sans faille de Sébastien Illiano, que je me permets de remercier en notre nom à toutes et à tous, c’est un secrétariat tricéphale qui reprend le flambeau. A sa tête, je serai secondée par Josselin Letournel, professeur d’EPS au Lycée Jean Renoir de Munich depuis 2001, et Julien Nivière, professeur de sciences physiques au Lycée Français de Berlin depuis 2007. Quant à moi, j’enseigne l’allemand au Lycée Franco-Allemand de Sarrebruck depuis 2008, après avoir travaillé au Lycée Français de Milan (EGD). Josselin, Julien et moi, qui avons une expérience syndicale AEFEienne de plus de 10 ans, sommes, dès à présent, joignables à la nouvelle adresse e-mail de notre section : snes.allemagne@hdf.snes.edu
Poursuivons sur les changements : Mme Scherer-Effosse deviendra directrice de l’AEFE, à partir du 1erseptembre, et, à l’ambassade, ce sont M. Michelon (COCAC = Conseiller de coopération et d’action culturelle) et Mme Bousquet (COCAC adjointe et directrice déléguée de l’AEFE en Allemagne) qui remplaceront M. Blondel et Mme Picault. Nous leur souhaitons la bienvenue !
En ce début d’année, réjouissons-nous que le pacte, rejeté par au moins les ¾ des enseignant.es en France (le gouvernement refuse de communiquer des chiffres plus précis que les 30% non atteints), ne soit pas appliqué à l’AEFE. Augmenter des salaires correspond, par définition, à mieux rémunérer des tâches effectuées et ne peut se traduire par la demande de s’épuiser plus, pour gagner plus. Au-delà de cela, ayons bien en tête que ce pacte induit, de fait, une profonde modification de nos statuts dont la résultante serait leur contractualisation.
Le maintien des CCPL est également une excellente nouvelle et la représentation très majoritaire de la FSU dans les instances de l’AEFE, que ce soit au siège et ou dans les différents pays, montre l’ampleur de la confiance accordée à notre syndicat. C’est d’ailleurs grâce à la FSU que les détaché.es d’Allemagne bénéficient, depuis le rebasage de janvier 2023, d’une augmentation conséquente de l’ISVL.
Il est également important de savourer les acquis récents des luttes de la FSU en Allemagne :
- nouvelles grilles et/ou augmentations de salaire inhérentes pour les personnels de droit local d’Allemagne (3% en moyenne),
- versement de l’ISO avec rétroactivité de 3 ans aux PDL des Lycées Franco-Allemands de Fribourg et Sarrebruck,
- non-harmonisation vers le bas de la rémunération des tâches spécifiques aux trois LFA d’Allemagne
- calendrier scolaire enfin conforme au Code de l’Éducation au Lycée Franco-Allemand de Sarrebruck.
A l’AEFE (comme en France) :
- Les épreuves de spécialité du bac seront reportées au mois de juin. Nous suivrons d’ailleurs de très près sa mise en application pour les collègues sollicité.es pour d’autres épreuves du bac.
- Depuis le 5 août 2023, l’échelon spécial de la classe exceptionnelle a été transformé en un 5e échelon avec trois chevrons (1 an chacun). Le passage, qui était jusqu’alors contingenté à 20%, sera dorénavant automatique et, dans un an (1er septembre 2024), l’accès à la classe exceptionnelle ne sera plus contingenté et donc lié aux fonctions exercées mais accessible à toutes et tous, à partir de la hors-classe, selon un ratio.
- Le CAFFA (Certificat d’aptitude aux fonctions de formateur/trice académique) est désormais ouvert également aux professeur.es de l’AEFE.
- Cette année, les détaché.es bénéficieront d’environ 5,5% d’augmentation (augmentation du point d’indice de 1,5% au 1er juillet 2023, doublement de l’ISOE à partir de septembre, gain annoncé de 5 points d’indice pour toute la fonction publique à partir de janvier 2024). On est néanmoins bien loin de l’augmentation « historique » de 10% annoncée inlassablement dans les médias par le gouvernement.
Pour nous toutes et tous, personnels détaché.s et de droit local, ces augmentations de salaire, qui sont certes une avancée considérable, correspondent malheureusement, dans le contexte actuel, à une perte de pouvoir d’achat, dans la mesure où elles sont inférieures à l’inflation et ne permettraient de toute façon pas de remédier à des décennies d’absence de hausse significative des rémunérations. La revue « Le grand continent » a mis en évidence la gravité de la situation en soulignant qu’« un agrégé ou une agrégée au dernier échelon de la classe normale reçoit aujourd’hui un salaire net équivalent au salaire d’un ou d’une certifiée à l’échelon 9 en 1982 ».
Il est donc fondamental que le dialogue social reprenne en France et continue à l’AEFE. La FSU n’oublie pas non plus les dossiers qui n’ont pas encore abouti et n’a de cesse de les relancer à l’AEFE (indemnités et primes statutaires (Grenelle de l’Éducation) non transcrites à l’AEFE, ouverture de réelles négociations sur l’avantage familial).
Mais ne nous leurrons pas, ce n’est qu’avec l’action syndicale et la mobilisation que des résultats suivront. La mobilisation hors pair de 2022-23 contre la réforme des retraites, qui a eu lieu en même temps que les négociations de l’intersyndicale des enseignant.es, a permis notamment que les augmentations de salaire s’appliquent à toutes et tous, et pas uniquement aux débuts de carrière. Nous comptons sur vous pour donner un nouveau souffle à cette dynamique historique, le 13 octobre 2023, lors de la grève intersyndicale.
En attendant, nous vous souhaitons une très bonne rentrée, avec une pensée toute particulière pour nos collègues du Niger, du Burkina-Faso, du Mali, d’Ukraine et de Russie.
Bien à vous
Nadège Deguilhem, pour le bureau de la FSU en Allemagne (enseignement secondaire)

